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NANTES : Le mécène veut investir utile

Le mécène du NLA s'exprime pour la première fois sur l'avenir d'une équipe en passe d'accéder à la D2. Arnaud Ponroy vise encore plus haut, en l'occurence la D1 et l'Europe.



NANTES : Le mécène veut investir utile
Avec deux points d'avance sur Saint-Amand à deux journées de la fin, le Nantes Loire-Atlantique a déjà posé un pied et le gros orteil en Divison 2. L'affaire pourrait être pesée et emballée justement ce samedi à l'occasion du déplacement dans le Nord.

La joie des coéquipières d'Irène Padiou, Arnaud Ponroy la vivra comme toujours par procuration. Président et actionnaire principal du Groupe Ponroy santé (350 salariés, 100 millions d'€ de chiffre d'affaires) dont le siège est installé à Montaigu depuis 2001, le mécène du NLA n'a vu aucune rencontre de ses protégées. Souvent en déplacement, retenu par ses obligations professionnelles, ce Parisien de 46 ans se tient malgré tout au fait des affaires du hand par l'intermédiaire du président délégué, Philippe Aubry. « On peut parler de saison inespérée. On avait un business plan, c'est un grand mot, sur deux ans. Si on a réussi ce pari, c'est grâce à Stéphane (Moualek) et aux filles. »

En s'engageant sur cinq ans, à raison de 200 000 euros par saison, Philippe Aubry n'attend pas de retour sur investissement. « Ce n'est pas une opération financière, c'est une entreprise vers la ville où j'habite, une opportunité, une passion du sport, du mécénat » raconte celui qui se définit comme quelqu'un de suffisamment simple et modeste pour trouver sa place dans le monde associatif. « Une entreprise qui gagne de l'argent doit en faire profiter ses actionnaires, ses salariés mais aussi sa région. » Durant vingt ans, il a joué au rugby - « à part être un jeu de mains, il n'y a pas de grandes similitudes » - S'il avait eu un fiston, il aurait peut-être donné l'argent de son groupe à l'ovalie, seulement la fratrie Ponroy compte deux filles de 11et 14 ans vaccinées à la petite balle ronde. « J'ai vu à cette occasion que le hand féminin n'était pas très bien structuré, que les jeunes ne parvenaient pas à s'épanouir comme elles le voulaient. » Arnaud Ponroy n'est pas de ces parents qui veulent jouer des coudes pour imposer leurs rejetons. « Peut-être que dans six mois, elles auront arrêté le hand. Si je suis attentif au haut niveau, je veux surtout créer une filière formation, avoir un club qui donne sa chance aux jeunes filles de la région, avant tout effectuer un travail en profondeur. Ça passe par la structuration du club et de bonnes relations avec les autres clubs. »

« Jouer un jour l'Europe, avoir des internationales... »

Arnaud Ponroy est déjà tourné vers la D2. L'an prochain, sa participation grimpera à 300 000 €. « On aura entre six et huit joueuses professionnelles. » Lui se définit comme « un catalyseur ». À ses côtés, il aimerait réunir un consortium d'entreprises et de partenaires publics, « afin de disposer d'un budget qui tienne le coup ». L'homme en profite pour lancer un appel aux collectivités locales : « Nous n'avons aucune idée de l'enveloppe budgétaire avec laquelle nous allons travailler. Les collectivités ne nous ont pas donné d'ordre de grandeur, or nous allons être obligés dans les trois semaines à venir de valider les recrutements. Je ne vois pas pourquoi on nous donnerait moins que le HBCN quand il évoluait en Division 2 ! Je ne sais pas combien ils touchaient, je ne suis pas un espion, mais la Mairie doit le savoir... Marie-Françoise Clergeau a toujours préconisé la mixité. Les filles n'ont pas moins de mérite. » Son modèle, c'est Metz, « un étalon à suivre, 17 fois champions sur les 20 dernières années. On pourrait également citer le Stade Toulousain en rugby, pour sa compétence et sa stabilité. Si on veut réussir, il faut s'ancrer sur le long terme. Si les adhérents veulent encore de moi, je serai sans-doute encore là dans dix ans. » Le tableau de marche indique trois saisons pour accéder à l'élite. « Ce qui importe, c'est que le NLA devienne une référence, que des internationales aient envie de venir chez nous, qu'on fasse la coupe d'Europe. Un projet à dix ans. » Nantes va vraiment manquer de salles pour tous ces ambitieux.


Christophe DELACROIX. Ouest-France

Jeudi 5 Mai 2011
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